
« la force d’une Coop, ce sont avant tout ses Hommes et son état d’esprit »
Explications avec Eric Mougin, directeur de la coopérative MBR35 (Ille et Vilaine)

Mutualisation des compétences, réduction des coûts, gain de temps… les coopératives artisanales offrent de multiples avantages. Et ne sont pas de simples centrales d’achats !
Vous êtes depuis un an et demi directeur de MBR35. Présentez-nous votre coopérative…
MBR est née en 2005 à l’initiative d’une quinzaine d’artisans des métiers du bois et de la couverture qui ont décidé de se regrouper afin d’être plus performants. MBR couvre exclusivement le département d’Ille-et-Vilaine ; depuis 2010, nous sommes installés à Saint-Didier. Nous faisons partie du réseau Orcab qui compte 38 coopératives à travers la France, (essentiellement situées dans l’Ouest), soit environ 8 400 artisans du bâtiment.
Combien avez-vous d’adhérents et comment fonctionnez-vous ?
MBR compte 165 entreprises artisanales adhérentes dans un domaine d’activité : le bois et ses dérivés (charpentiers, menuisiers, plaquistes, agenceurs, couvreurs, paysagistes). Tous les adhérents, quelle que soit la taille de leur entreprise, sont actionnaires, votent à égalité et participent aux grandes orientations de MBR.
La coopérative est gérée par un conseil d’administration comprenant 13 personnes représentatives des différents secteurs métiers et élues par les adhérents. Elle emploie 35 salariés travaillant dans l’administratif, les achats, le conseil, le magasinage et le transport.
En 2021, MBR a réalisé 18 M€ de chiffre d’affaires.
Quelles sont les conditions pour intégrer la coopérative ?
Il faut avoir un statut artisan et être enregistré à la Chambre des Métiers ; il est aussi possible, par exemple pour les constructeurs de maisons en bois, d’être enregistré en Chambre de Commerce.
La motivation et l’esprit coopératif sont primordiaux. Une fois le dossier monté, il est présenté au Conseil d’Administration qui le valide, ou pas. Un capital de 3 200€ est demandé en droit d’entrée, ce montant est le même pour tous. Ce capital est rendu dès lors que l’artisan décide de quitter la coopérative.
Quels sont les avantages pour un artisan d’adhérer à une coopérative ?
Le but majeur d’une coopérative est d’apporter le meilleur service au meilleur prix. La mutualisation des achats permet de diminuer les coûts, de faire bénéficier des meilleurs tarifs, de disposer de stocks externalisés, disponibles et gérés par la coopérative (MBA dispose de 40 000 m2 de stockage NDLR) et de libérer l’artisan du temps passé à la négociation avec des fournisseurs.
Le fait de se développer en collectif permet aussi de peser et de remporter de nouveaux marchés car les principes de solidarité et d’entraide priment entre adhérents. Il n’y a pas d’esprit de concurrence.
Face aux difficultés actuelles d’approvisionnement et de hausse de prix des matériaux, comment vous positionnez-vous ?
Si la stabilité des prix ne peut être garantie, nos marges de fonctionnement sont, en revanche, moins importantes que dans un négoce classique. Rejoindre une coopérative apporte ainsi de la sérénité. De plus, aucun frais additionnel n’est facturé aux adhérents, que ce soit en terme de livraison ou de grutage.
Au-delà de la mutualisation d’achats, apportez-vous des services associés ?
En partenariat avec nos fournisseurs, nous organisons des sessions de formation, en moyenne six à huit chaque année. Cela peut être par exemple, comme en mai prochain, la réglementation sur la norme RE2020.
Nous proposons également des visites organisées d’entreprises des fournisseurs partenaires.
Nous offrons aussi aux adhérents des outils performants comme notre plateforme dédiée à l’achat en ligne ou notre showroom Artipôle (360m2) mis à disposition pour la clientèle des artisans.
Que diriez-vous aux artisans réticents qui craignent d’amoindrir leur liberté en adhérant à une coopérative ?
Le fait d’intégrer une coopérative n’empêche absolument pas un artisan de continuer ses propres chantiers mais il doit quand même jouer le jeu du collectif en participant à la vie de la Coop et en ne la prenant pas pour une simple centrale d’achat. Je dirais que la bascule, c’est l’engagement moral avec un esprit très humain. Car la force d’une Coop, ce sont avant tout les Hommes.
Voir aussi l’interview de Nicolas Gouailler, responsable informatique MBR35 :
Batappli tient-il ses promesses auprès des artisans du bâtiment ? Du 16 au 25 février 2026, le cabinet indépendant Aviso Conseil a interrogé 300 clients de Batappli, logiciel de devis et de facturation pour le BTP.
Résultat : 90 % des répondants se déclarent globalement satisfaits, dont 41,5 % « très satisfaits » (contre 37,9 % en 2024). Dans le détail, 94 % des clients sont satisfaits de la fiabilité du logiciel, 88,6 % de ses fonctionnalités et 87,6 % de sa simplicité.
Un chantier livré en retard peut engager votre responsabilité contractuelle et vous exposer à des pénalités financières parfois importantes. Comprendre comment elles se calculent, dans quels cas elles s'appliquent et comment les encadrer est essentiel pour protéger la rentabilité de votre entreprise.
À ne pas confondre avec les pénalités de retard de paiement : ici, on parle du retard d'exécution ou de livraison d'un chantier.
Quand le sujet concerne plutôt une facture réglée trop tard par le client, les règles relèvent des retards de paiement dans le bâtiment.
Le déboursé sec désigne l'ensemble des coûts directs nécessaires pour réaliser un chantier : la main-d'œuvre, les matériaux et le matériel.
C'est votre point de départ pour tout chiffrage. Mais c'est là que beaucoup d'artisans commettent une erreur, confondre ce coût direct avec le prix à facturer.
Facturer au déboursé sec, sans y ajouter vos frais généraux ni votre marge, revient à travailler à perte.
Cet article vous explique comment calculer votre déboursé sec, construire la chaîne économique complète et fixer un prix de vente qui couvre réellement vos coûts.